samedi, 06 octobre 2018 19:15

Pour la conversion des pasteurs : mobilisation générale

Texte allemand : Zur Bekehrung der Hirten - Allgemeine Mobilmachung

MICHEL SALAMOLARD·VENDREDI 21 SEPTEMBRE 2018

Comment répondre à l’appel lancé par le pape dans sa Lettre au peuple de Dieu ? Comment empêcher le mouvement actuel de conversion de retomber ? Comment le rendre efficace ? La seule réponse à ces question est une mobilisation de tous les baptisés. Propositions.

Appel à qui veut l’entendre

Lectrice, lecteur, si tu approuves la démarche ici proposée, merci de partager le présent article sur Facebook ou autrement ! Oui, c’est la seule chose utile. Donc, pour une fois, pas de commentaire ici, sur ma page, ni de J’aime ! Seuls des partages multipliés ont des chances d’atteindre les vrais destinataires de cet appel : les évêques, les religieux et les religieuses, les mouvements et groupes catholiques, les conseils pastoraux diocésains et paroissiaux.

Objectif : une conversion pastorale profonde et durable

Si le cléricalisme dénoncé par le pape François est bien la source empoisonnée des abus d’autorité, des abus de conscience et des abus sexuels, le seul remède consiste en la conversion des pasteurs. Une conversion non seulement individuelle des meilleurs d’entre eux, mais une conversion systémique des mentalités, des mœurs et des fonctionnements.

Il s’agit d’une vraie réforme pastorale, impliquant aussi bien les pasteurs que tous les baptisés. Ce mouvement de conversion vient de commencer. Le risque est grand qu’il retombe, s’essouffle ou se brise devant les forces de résistance au changement. Dans l’Église catholique, ces forces d’inertie sont puissantes. Elles imprègnent les esprits, les habitudes, le droit canonique.

L’objectif est bien une conversion des personnes, un retournement des cœurs, une entrée de tous dans la nouveauté de l’évangile. Une vraie révolution, en somme. La faiblesse humaine étant ce qu’elle est, aussi dans l’Église, les conversions individuelles ne se multiplieront et ne se maintiendront que par un renouveau du cadre institutionnel qui structure les personnes, les mentalités, les comportements.

Des démarches individuelles ou dispersées, même nombreuses, ont peu de chances d’aboutir à des résultats importants et durables. Une mobilisation organisée est indispensable. Elle ne viendra pas seulement d’en-haut, des évêques, mais aussi d’en-bas, des baptisés. Elle sera le fruit savoureux des efforts conjugués et concertés des uns et des autres.

Une occasion à saisir : la Conférence des évêques du monde en février 2019

Le pape a convoqué les présidents des Conférences épiscopales du monde entier pour une réunion spéciale sur le thème: «La protection des mineurs» (21-24 février 2019 à Rome). Cette échéance pousse à agir dès maintenant, afin qu’en février prochain, la voix des baptisés se fasse entendre à Rome à travers celle d’évêques aussi nombreux et décidés que possible. Nous pouvons les encourager, les soutenir de tout notre cœur en leur disant dès maintenant que nous comptons sur eux et ce que nous attendons de cette Église, dont nous sommes les membres vivants en vertu de notre baptême commun.

Préciser, purifier et actualiser le profil du pasteur selon Jésus

Le cléricalisme est une mauvaise caricature, une déformation du pasteur selon l’évangile. Nous en connaissons maintenant les défauts et les effets pervers mieux qu’en d’autres époques. L’urgent est de remettre à l’honneur l’image du bon pasteur pour notre temps. Non pas une image idéalisée, mais une image réaliste. Une image à inscrire dans le droit canonique et dans les structures de notre Église, afin que tous l’aient en permanence devant les yeux. Une image assez forte et précise pour commander la formation (initiale et permanente) des pasteurs, pour orienter leur ministère en son déroulement concret, pour susciter la confiance des laïcs, pour servir aussi d’outil d’évaluation par les responsables ecclésiastiques et par les communautés catholiques.

C’est à l’aune de cette image renouvelée que trois questions, entre autres, ne devront pas être éludées une fois de plus. Primo, la place des femmes dans les structures de l’Église, notamment leur ordination diaconale. Secundo, la liberté de choix entre célibat et mariage pour les futurs prêtres. Tertio, last but not least, la simplification des titres et des costumes liturgiques des évêques et des prêtres.

Corps ecclésiastiques constitués : engagez-vous, adressez-vous aux évêques !

On n’a hélas pas entendu jusqu’ici les évêques suisses demander clairement aux catholiques de notre pays de leur faire savoir ce qu’ils attendent, ce que l’Esprit saint leur inspire dans la crise actuelle de notre Église. On ne les pas entendus jusqu’ici dire à tous les baptisés qu’ils ont « la liberté de faire connaître aux Pasteurs de l’Église leurs besoins surtout spirituels, ainsi que leurs souhaits » (canon 212§2), qu’ils ont « le droit et même parfois le devoir de donner aux Pasteurs sacrés leur opinion sur ce qui touche le bien de l’Église et de la faire connaître aux autres fidèles » (canon 212§3).

Alors, prenons les devants ! Usons de notre liberté de baptisés ! Exerçons nos droits et nos devoirs pour le bien de l’Église !

Cet appel s’adresse à qui veut l’entendre, mais tout spécialement aux organismes ou institutions qui suivent :

  • Les Conseils presbytéraux.
  • Les Conseils pastoraux diocésains.
  • Les Conseils de communauté (de paroisse ou de secteur/UP).
  • Le corps professoral des Facultés de théologie catholique.
  • Les communautés des Séminaires diocésains.
  • Les Congrégations et les Ordres religieux féminins et masculins (apostoliques et monastiques), ainsi que leurs fédérations ou organisations faîtières.
  • Les Tiers-ordres.
  • Les Communautés religieuses nouvelles.
  • Les Chapitres cathédraux.
  • Les mouvements d’Action catholique.
  • Les Sociétés de théologie catholique.
  • Les mouvements de spiritualité (END, par exemple).
  • Les organisations et réseaux de jeunesse.
  • Les Groupes de prière et d’étude biblique
  • Tout autre groupe catholique ou œcuménique.

Le temps presse, mais il n’est pas trop tard pour se réunir en urgence afin (1) de discerner ce qu’on souhaite et demande ; (2) d’adresser à son/ses évêque(s) un message fraternel et respectueux d’encouragement, accompagné d’idées, de souhaits, de qustions, de propositions. Faites-le, pour la Suisse, avant la prochaine réunion de la Conférence des évêques suisses, qui se tiendra les 28-29 novembre prochains.

Encore une fois, merci aux lectrices et aux lecteurs de cet article de le partager et d’encourager à le partager (sans commentaire ni like). Peut-être parviendra-t-il de cette manière à quelque destinataire d’accord d’agir selon le Droit canonique, canon 212 cité plus haut, et selon ce qu’exige de nous tous la situation actuelle de l’Église catholique.

Pourquoi ne pas commenter le présent article ? Parce que le débat ne doit pas se tenir ici, sur cette page Facebook, mais dans les lieux institutionnels de consultation, de concertation et de décision. Partagez l’idée par tous les canaux imaginables (et honnêtes !).

 

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