samedi, 06 janvier 2018 13:04

Une simple histoire Spécial

Je vais vous raconter tout simplement une petite histoire qui m’est arrivée. Je me suis rendu compte un jour que quelque chose ne collait pas entre l’alcool et moi.

C’était une fiancée extraordinaire. Elle était toujours prête à me donner ce que je voulais, où et quand je le voulais. J’avais besoin de me détendre, de me changer les idées ? Elle était là. Elle ne s’est jamais refusée à moi. Extraordinaire. Au début, c’était une fabuleuse histoire d’amour.

Et puis, de temps en temps, l’alcool est allé trop loin. Il m’a mis à terre. Le vomi, la gueule de bois, les lendemains d’hier. Une souffrance atroce. Que faire ? L’aspirine n’aidait pas, le café augmentait encore l’acidité de l’estomac et la nervosité, la cigarette .. peuh … dégueulasse. A moins que …. oui, un verre, juste un, pas plus, pour faire tourner la machine, pour calmer l’angoisse, arrêter ces putains de tremblements. La fiancée est toujours là, elle se donne à moi.

Sur le moment, ça va mieux, je peux bouger à peu près normalement. Allez, un deuxième, ça ne fera pas de mal…. et puis, le troisième, pour la route …

Merde, ça recommence, je suis de nouveau passablement bourré. Comment je vais faire, peux pas aller bosser comme ça, ils vont le voir, ils vont s’en rendre compte…

Non, non, d’habitude, je contrôle.. Mais bon, des fois j’exagère… la fatigue, le stress, les contrariétés …

Bon, je vais pas vous faire toutes les journées de mon alcoolisme actif pendant quinze ans, pour aujourd’hui, je m’arrête là. C’était le début d’une longue descente. Ma belle fiancée s’est avérée être une vraie salope. Elle faisait semblant de tout me donner, mais en fait, elle m’a tout pris : mon fric, mon boulot, ma famille, ma femme, mes enfants, mon bonheur, ma joie de vivre, mon humour … Alors j’ai rompu avec elle et je suis parti en clinique.

Ça vous dit quelque chose, cette histoire ? Ça vous parle ? Alors, ne quittez pas, cliquez plus loin, j’ai quelque chose pour vous.

Je vais vous raconter ce qui s’est passé, par le détail. Le jour où je suis entré à la clinique, il y a trente ans… Ah oui, déjà trente ans.

Et puis, vous aurez des flash-back tout au long du récit.

Sans prétention, je vous dirai encore que ce fut ma longue montée à Jérusalem, mon interminable et quotidien chemin de croix. Ne croyez pas que c’était la fête perpétuelle: en Valais quand quelqu’un est ivre tous les jours, on dit qu’il fait la noce. Non, il y a longtemps que je ne suis plus à la noce de Cana où miraculeusement l’eau se change en vin pour la joie des convives. Je marche, déshydraté, la tête et les membres endoloris, chargé de la croix de ma honte après le jugement et ma condamnation, sous le dédain et les regards qui se détournent pieusement. Je gravis mon long chemin vers mon Golgotha. Plus d’une fois, du fond du gouffre où je suis tombé plus de trois fois, ne parvenant plus à me relever, j’ai crié mon blasphème : Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi n’as-tu abandonné ?

Je vais mettre tout ça là, en espérant que ça peut aider quelqu’un.

Ah oui, à propos : j’ai oublié de vous dire. J’ai posé mon dernier verre dans le train, sur le trajet de la clinique, le 30 avril 1987. C’était le dernier. J’ai arrêté. Et ça fait trente ans que ça dure. Oui , je vous assure, ça marche !

 

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